N’IMPORTE QUI PEUT JOUER DE LA GUITARE
RE:FLUX invite des musicien•nes à concevoir des paysages sonores. Le défi : créer des œuvres sonores qui ne sont pas musicales, sans rythme ou mélodie, sans refrain et sans paroles.
Les liens d’écoute sont disponibles ci-dessous ET à la Salle Sans Sous du 25 mai au 30 juin 2026.
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RE:FLUX invites musicians to create non-musical sound works. The rules: no rhythm, no melody, no lyrics.
These three new compositions are available below AND in Salle Sans Sous from May 25 to June 30 2026.
lakaz momon
la maison de maman
“Mon l’île, mon zarlor. Nou koné pas nou vrémen, mé out’ désord’, out’ musik, out’ bann lodèr, out’ soley i poik, out’ grèn’ la pli, toute i ramène a moin à ou. Toute i fé pense a moin aou. Mi sar loin, aussi loin que mi peu, mé toute fé magine a moin aou. Kom in l’ancre ki rale a moin dan’ bord. Kom in tatouaz si mon po. Kom in cicatrice su mon kèr.
Mon île, mon trésor. On ne se connaît pas vraiment, mais ton bruit, ta musique, tes odeurs, ton soleil qui brûle, tes pluies diluviennes, tout me ramène à toi. Tout me fait penser à toi. Je vais loin, aussi loin que je peux, mais tout me fait
penser à toi. Comme une ancre qui me ramène au bord. Comme un tatouage sur ma peau. Comme une cicatrice sur mon cœur.
”
Entres les lignes
between the lines
“Toute notre vie, des voix nous entourent. Celles des autres, de la société, des panneaux et des règles silencieuses qui quadrillent notre quotidien. On nous avertit, oriente, indique où s’arrêter, où avancer, quoi éviter. À force d’être guidés, beaucoup finissent par courir, pressés et efficaces, sans jamais savoir vers quoi.
Cette œuvre naît de ce constat.
Sur scène, trois guitares prennent la parole. La guitare classique incarne notre monde intérieur : ce qui gronde en silence, la pression accumulée, l’anxiété qui vibre sous la surface. La guitare électrique traduit nos réactions — les éclats, tout ce que les stimuli extérieurs arrachent à notre corps avant même que l’esprit ait eu le temps de répondre. La guitare acoustique, elle, reflète l’extérieur : un monde qui tourne vite, bruyant, sans pause.
Mais la règle fondatrice de cette pièce est simple : tout ce qu’on ne devrait pas faire sur une guitare, on le fera.
Les cordes sont manipulées, maltraitées ou détournées de leur usage. Les techniques sont délibérément non orthodoxes. Les sons se heurtent, se superposent, refusent de se résoudre en harmonie. Ce chaos n’est pas une erreur, c’est la vérité. Il ressemble à ce que l’on ressent en vivant selon des attentes imposées plutôt que selon ses propres élans.
Il faut du courage pour se libérer des murs qui nous entourent. Vaut-il mieux vivre guidé par un idéal extérieur ou affronter les conséquences de ses propres choix pour construire qui l’on est vraiment ?
Ce que vous entendez, c’est à vous de le figurer.
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All our lives, voices surround us. Those of others, society, signs, and silent rules that grid our daily existence. We are warned, directed, told where to stop, where to go, what to avoid. Directed by so much guidance, many of us end up running hurriedly and efficiently, never knowing where.
This work is born from that observation.
On stage, three guitars speak. The classical guitar embodies our inner world: what rumbles in silence, the accumulated pressure, the anxiety vibrating below the surface. The electric guitar translates our reactions — the outbursts, everything that external stimuli tear from our bodies before the mind has even had time to respond. The acoustic guitar, in turn, reflects the outside: a world that moves fast, loud, without pause.
But the founding rule of this piece is simple: everything you should not do on a guitar, we will do.
The strings are manipulated, mistreated, diverted from their purpose. The techniques are deliberately unorthodox. The sounds clash, overlap, and refuse to resolve into harmony. This chaos is not a mistake; it is the truth. It resembles what one feels when living according to imposed expectations instead of one’s own impulses.
It takes courage to break free from the walls that are built. Is it better to live guided by an external ideal, or to face the consequences of one’s own choices to build who you truly are?
What you hear — that is for you to figure out.
”
« chat ado pique une crise très calme (pendant que j'essaye de signer un contrat électronique les sinus bloqués) »
“Quand la pluie tombe sans tonnerre, mais ne s’arrête pas, ça commence à gronder pareille. Cette œuvre sonore sert d’aperçu d’une montée lente de colère ou quelque chose qui porte un nom similaire, un mélange libre entre du field recording (si on peut considérer une chambre d’appart beaucoup trop cher comme un « field ») et du bouillonnement synthétique-folk d’un esprit aussi surchargé qu’une bibliothèque de window sill. Parmi les bruitages de clavier à pile AA du Best Buy™, des roulements occasionnels de pattes de chaise de bureau du Magasin Au Nom Oublié™ et des soupirs beaucoup trop dramatiques (Home Made™), un chat. De quelle couleur ? De quel âge ? Aucune importance. Elle rode. Elle chiâle. Elle a un peu de trop d’fun avec tout ce qu’elle trouve dans son passage. Lucky.
When it rains without thunder, but doesn’t stop, it starts to rumble just the same. This sound piece serves as a glimpse into a slow rise of anger or something with a similar name, a loose mix of field recording (if one can consider an overpriced apartment bedroom a “field”) and the synthetic-folk bubbling of a mind as overloaded as a windowsill bookshelf. Amid the AA-battery-powered keyboard sounds from Best Buy™, the occasional scraping of office chair legs from The Store With The Forgotten Name™, and far-too-dramatic sighs (Home Made™), a cat. What color? How old? It doesn’t matter. She prowls. She meows. She has a little too much fun with everything she finds in her path. Lucky.
”